La fraîcheur de l’Atlantique sud nous ravit et nous décidons de prolonger notre séjour sur la côte des Squelettes en poussant plus au nord vers Henties Bay avant de réintégrer la caillasse des plateaux de l’intérieur en un copieux terre et mer namibien! Nous poursuivons ainsi notre exploration du désert du Namib puis enchaînons avec les plateaux arides et vallées asséchées du pays Damara en pédalant d’oasis en oasis. Après les Swapokmund et Henties Bay viennent Spitzkoppe, Uis, Twyfelfontein et Khorixas…se poursuit également cette quête d’eau et denrées pour nous sustenter, carburant pour continuer d’avancer!

Les 3 nuits que nous a gracieusement offertes Nicoletta dans sa chouette Namib Guesthouse, seules disponibilités dans son registre de réservations, n’auront pas suffi pour rédiger le billet précédent et c’est la gérante d’une autre auberge de Swapokmund, Amoria, qui nous a permis de le compléter en nous invitant au Haus Garnison. Nous avons pu en profiter pour nous laisser imprégner un peu plus de cette drôle de ville namibienne, station balnéaire aux effluves coloniales riche en textures et contrastes : brouillard et soleil; Afrique et Europe…euh, Allemagne; désert et océan… C’est dire que toute la faune de bipèdes, abondante en haute saison touristique, y trouve son compte! Nous y avons découvert les meilleures pizzas d’Afrique au Gabriele’s Italian Pizzeria où nous sommes allés nous régaler 3 fois en une semaine!

Fondée en 1892 pour devenir le port principal de la colonie du Sud-Ouest africain allemand—le port protégé d’eau profonde de Walvis Bay était déjà sous l’emprise des Britanniques et est demeuré enclavé jusqu’à l’annexion de la colonie par l’Afrique du sud au lendemain de la Première Guerre mondiale—, la ville de Swapokmund conserve son cachet germanique depuis plus d’un siècle, de la langue et la généalogie de ses habitants à l’architecture d’un grand nombre de ses bâtiments. On raconte même qu’on célébrait l’anniversaire de naissance du Führer jusque dans les années 1980! « Swapokmund est plus allemande que l’Allemagne! » affirmait un résident dans un article du New York Times publié le 30 octobre 1976. C’est aujourd’hui une station incontournable—et fort agréable—des circuits touristiques namibiens. Région d’Erongo, République de Namibie.

Pas que les pizzas de Gabriele’s de Swapokmund qui se sont hissées au sommet de notre palmarès des meilleures tables d’Afrique! La qualité et fraîcheur des fish’n chips et calamars frits de ces roulottes épatent et rassasient! Le merlu de Benguela ou hake comme on l’appelle ici (Merluccius polli) et les céphalopodes proviennent directement de l’entrepôt de la coop des pêcheurs du port situé à moins de 100 mètres des friteuses sur roues. Région d’Erongo, République de Namibie.

La chaleureuse Amoria Du Plessis, gérante de l’auberge Haus Garnison, nous remet à la Route après un traitement quasi maternel. Nos montures disposaient même de tout un garage à elles seules! Encore une fois, toute notre reconnaissance à ces propriétaires et gestionnaires qui nous ont invités à passer quelques jours dans leurs établissements le temps que nous reprenions notre souffle et, surtout, rédigions ces billets. C’est leur soutien qui rend possible le partage « en direct » des petites découvertes et aventures récoltées au cours de cette odyssée vélocipédique… Région d’Erongo, République de Namibie.

Un sourire qui confirme que la pêche a été bonne pour ce cycliste sur la piste de retour vers Swapokmund. Région d’Erongo, République de Namibie.
Bizarroïde bled côtier de Wlotzkasbaken. À mi-chemin entre Swapokmund et Henties Bay, sans électricité ni eau courante, il a été fondé dans les années 1930 pour l’établissement de chalets de pêche. Séparés les uns des autres par des pierres au sol, 110 lots entourés par l’Atlantique et le parc national Dorob avec ses rarissimes lichens du désert rivalisent de constructions singulières. Convoitées et controversées—le dernier plan d’expansion du site remonte à l’apartheid et aucun occupant provient des groupes de populations « antérieurement désavantagés »—, ces propriétés forment un nœud immobilier et juridique insoluble. On l’appelle souvent « la république libre de Wlotzkasbaken »! Région d’Erongo, République de Namibie.

Coups de pédale sur la côte des Squelettes. Entre Swapokmund et Henties Bay, nous empruntons la piste parallèle à la route C34, dans le parc national de Dorob, histoire de mieux baigner dans le Namib! Région d’Erongo, République de Namibie.

Pas une victime véritable de la côte des Squelettes avec ses redoutables brouillard et lames de sable, qui a « avalé » des centaines de navires au cours des derniers siècles, le chalutier Zeila s’est échoué en 2008 sur cette plage une quinzaine de kilomètres au sud de Henties Bay. Sa mort déjà prononcée, on le remorquait depuis Walvis Bay vers Mumbai, en Inde, pour le démanteler et « recycler » quand les amarres ont cédé. Comme le propriétaire estime les coûts pour l’extirper du sable trop onéreux, l’épave du Zeila décomposera ici pour le plaisir des touristes, vendeurs de cristaux du désert que ceux-ci attirent et…cormorans! Un très court dernier voyage! Région d’Erongo, République de Namibie.

Arrivée à Henties Bay côté océan. Sise à l’embouchure de la rivière Omaruru, à l’intersection du ressac de l’Atlantique sud et dunes du Namib, la petite ville de 7500 âmes est un haut lieu de la pêche sportive et excursions en 4×4. Région d’Erongo, République de Namibie.

Les sacoches pleines de denrées, nous quittons Henties Bay et la mer pour réintégrer le désert sur la D1918 vers les inselbergs et hameau de Spitzkoppe, plus modeste des oasis qui ponctuent ce segment. Région d’Erongo, République de Namibie.

Pause à « l’ombre raréfiée » de l’un de ces comptoirs de vente de cristaux libre-service qui pullulent dans le pays des Damaras. En apercevant la structure, nous avions espoir de pouvoir nous y reposer et acheter des rafraîchissements—nous nous sommes réveillés avec des vents du nord-est de 30-40 km/h que nous avons affrontés jusque-là sur une piste farcie de planches à laver et trappes de sable—mais, mirage, nous réalisons que leur plan d’affaire consiste plutôt à formuler leurs propres demandes en eau et denrées! C’est alors qu’un éleveur de bétail de l’est de la Namibie, tout près du Botswana, en route vers la côte pour se distraire, arrête son bakkie pour jaser un brin, permettre à son toutou de boire quelques lampées et nous offrir une grosse Tafel (750 ml) glaciale… une géante « frette »! De retour sur la D1918, les vents se sont dissipés comme par magie! Région d’Erongo, République de Namibie.

Fermette familiale damara et la fameuse constellation d’inselbergs de Spitzkoppe. Région d’Erongo, République de Namibie.

Les silhouettes emblématiques des monts Spitzkoppe se profilent droit devant pendant que nous négocions le passage de la rivière du même nom sur la piste D1925. Ça laboure et avance en Maxxis 2,6”! Région d’Erongo, République de Namibie.

Dans le saint des saints, à l’intérieur de l’aire de conservation gérée par les Damaras de Spitzkoppe, la D1925 se faufile entre le Pain de Sucre et Große Spitzkoppe et effectue un slalom parmi des rochers démesurés aux noms évocateurs: Lion Rock, Rhino Rock, Dinosaur Rock…. Nous avons la nette impression d’évoluer à St-Granite, chez Délima et Fred Caillou; Bertha et Arthur Laroche! Région d’Erongo, République de Namibie.

Site de camping #2 au Spitzkoppe Campsite & Rest Camp que gèrent les Damaras du coin! Région d’Erongo, République de Namibie.

Pas grand’chose à mettre dans nos sacoches dans les deux magasins généraux de Spitzkoppe. À 110 kilomètres du supermarché de Henties Bay, nos stocks en pâtes, thon/sardines et gruau sont en quantités suffisantes—quoique du pain, des fruits ou des légumes frais nous auraient comblés…—, et nous nous lançons vers la prochaine oasis, la petite ville minière de Uis. Érigée en 1960 sur un gisement d’étain de faible teneur qui a été exploité à perte sous la gouverne de l’Afrique du sud à l’époque où des sanctions l’empêchaient de s’approvisionner ailleurs, abandonnée suite à la fermeture de la mine après l’indépendance de la Namibie puis sauvée par le tourisme—oasis et carrefour du désert à proximité d’attractions dont le fameux site de la fresque de la Dame Blanche, peintures rupestres qu’auraient créées des San il y a 2000 ans…—, voilà que la bourgade connaît un modeste regain d’activité avec la réouverture inopinée de la mine : de nouvelles technologies permettent de « repasser au peigne fin » les montagnes de résidus blancs pour en extraire plus d’étain dont la valeur est à la hausse grâce à son rôle dans la fabrication de microprocesseurs (soudure dans les circuits imprimés) pour nos ordinateurs, tablettes et téléphones.

Nos observations des criquets à armure (Acanthoplus discoidalis), ces sordides orthoptères qui sont désormais omniprésents et de plus en plus corpulents, se poursuivent dans la brousse namibienne. Nous nous sommes vite rendu compte qu’ils exploitent la végétation, les rochers et toutes structures se tenant debout pour se mettre à l’abri du soleil durant les heures les plus chaudes de la journée comme ici, en marge de la D1930, du côté sombre de l’enseigne indiquant l’entrée de la ferme Goeie Geluk…afrikaans pour « bonne fortune »! Région d’Erongo, République de Namibie.

…et on aime bien se faire dorer la cuirasse tôt dans la journée! Région d’Erongo, République de Namibie.

Tsammas du Namib (Citrullus ecirrhosus), espèces de melons du désert, prospérant en marge de la D1930 en route vers Uis. La plante vivace ne pousse que dans les déserts du Namib, Kalahari et Karoo. C’est une source d’eau pour la faune de ces contrées arides. Région d’Erongo, République de Namibie.

Entrée de la petite ville minière de Uis, oasis sise une trentaine de kilomètres à l’est du massif granitique de Brandberg abritant le point culminant de la Namibie au pic Königstein (2573 mètres). Nous nous y installons au Brandberg Rest Camp pour deux nuitées, le temps de reprendre notre souffle et décider de quel côté nous contournerons l’imposant Brandberg, « montagne de feu » en allemand et afrikaans. Région d’Erongo, République de Namibie.

Nous devons convenir d’un choix déchirant à Uis : poursuivre du côté oriental du colosse de granite Brandberg sur des pistes plus aseptisées jusqu’à Twyfelfontein, prochaine oasis, mais comprenant une escale à l’abri de Maack où se trouve la fresque de la Dame blanche, la plus célèbre et énigmatique parmi les milliers de peintures rupestres signées des San qu’on a découvertes dans le massif de Brandberg ou le contourner à l’ouest via les sites d’Elephant Rock, Ugab Rhino Camp et Doros Crater sur des pistes primitives franchissant un véritable musée géologique à ciel ouvert. Il faut également tenir compte des dommages causés à ces pistes de bout du monde par la dernière saison des pluies qui a été particulièrement dévastatrice pour le réseau routier namibien. Nous demandons l’avis à Basil Calitz, l’un de nos hôtes au Brandberg Rest Camp, cet ancien centre récréatif de la ville minière sud-africaine converti en motel-camping-resto-bar. « Le côté ouest de Brandberg est de loin le plus panoramique. Vous allez évoluer parmi les plissements de l’écorce terrestre témoignant des forces tectoniques à l’oeuvre lors de la séparation du supercontinent Gondwana, création de l’Atlantique sud. Les couches sédimentaires des anciennes mers superposées entre celles des cratons du Congo et Kalahari se retrouvent maintenant à la verticale, le spectaculaire résultat de la séquence orogénique de Damara qui s’est amorcée il y a quelque 180 millions d’années! Les rivières sont redevenues sèches, passables. Il y aura des passages sablonneux mais vous avez des gros pneus! » nous vend l’hirsute passionné de géomorphologie, pipe à la main, se tenant debout avec nous devant l’un des murs de la réception tapissé d’images satellite de toute la région. Ça donne au hall d’entrée du motel des tons orange oxydé et un air de musée! Nous « achetons » le circuit minéral, une aventure de 200 kilomètres dans l’arrière-pays damara et remettons à plus tard, à un autre voyage ou une prochaine vie notre visite de la Dame blanche! Le magasin général de Uis est bien garni et nous en profitons pour faire le plein…

15 bornes au sud-ouest d’Uis, à l’intersection entre les pistes C35 et D2342, une douzaine de comptoirs de vente libre-service d’articles minéralogiques longent la caillasse nivelée. Les cabanes des propriétaires et tenanciers sont érigées quelques centaines de mètres en retrait. Nous bifurquons sur la D2342 et mettons le cap vers Twyfelfontein via…l’aventure! Région d’Erongo, République de Namibie.

Escale au camping d’Elephant Rock, initiative locale. Parages surréalistes! Région d’Erongo, République de Namibie.

Partie intégrante de ces parages surréalistes, le monument minéral et naturel d’Elephant Rock! Région d’Erongo, République de Namibie.

L’une des merveilles du désert du Namib et règne végétal, le welwitschia (Welwitschia mirabilis) peut vivre jusqu’à 2000 ans! On ne le retrouve qu’en Namibie et en Angola, là où le brouillard de l’Atlantique sud peut envelopper le désert. La plante ne possède que deux grandes feuilles linéaires qui croissent en sens opposé et dont les extrémités se scindent et s’entrecroisent au fil des décennies, des siècles. Le welwitschia, miracle du désert et de la nature, est intégré à l’armoirie de la Namibie. Outre Janick qui avance sur la D2342, on aperçoit à l’arrière-plan la dégaine du massif de Brandberg. Région d’Erongo, République de Namibie.

Nous franchissons la rivière Ugab et quittons le Ugab Rhino Camp, camping rustique au service de l’initiative de conservation locale Save the Rhino Trust qui s’est fait durement frappé par les inondations de la dernière saison des pluies. Les crues ont tout rasé! Nous avons pu y camper moyennant un don et faire le plein en eau : 8 litres à même la citerne du couple en résidence et 10 autres du sympathique Collin, un Australien explorant la Namibie en bakkie de location et qui faisait escale lui aussi pour la nuit au Ugab Rhino Camp! Région d’Erongo, République de Namibie.

Nous remontons la piste de 4×4 et un affluent de la rivière Ugab dans ce musée géologique à ciel ouvert et in vivo! Région de Kunene, République de Namibie.

Dans le ventre du dragon Damara! Région de Kunene, République de Namibie.

Parvenus sur le plateau dominant au nord les formations striées des anciens cratons et dépôts sédimentaires plissés…et la « montagne de feu », Brandberg. Région de Kunene, République de Namibie.

Une autre journée qui commence dans le désert, celle-ci sur le plateau environnant le cratère Doros durant cet enchaînement de pistes de 4×4 vers Twyfelfontein. Région de Kunene, République de Namibie.

Quelques-uns des 5000 pétroglyphes qu’on retrouve au site de Twyfelfontein, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2007, le premier en Namibie. Quasiment un bestiaire cette fresque et emblème de Twyfelfontein, on y distingue un lion avec une queue se terminant de façon surnaturelle avec une main humaine. Le site occupant une vallée acculée à des falaises de grès était fréquenté par les chasseurs-cueilleurs San depuis au moins 6000 ans, auteurs présumés de ces œuvres illustrant rituels et scènes chamaniques pour la plupart, puis des éleveurs Khoïkhoï qui leur sont apparentés et des Damaras jusqu’à l’instauration d’une ferme attribuée à une famille de Boers par le gouvernement sud-africain après la Deuxième Guerre mondiale. Twyfelfontein signifie littéralement « source douteuse » et l’aventure agricole s’est terminée en 1965 par manque d’eau. Ce monument national et les établissements d’hébergement de luxe qui l’entourent requièrent de la main-d’oeuvre et un village de Damaras avec quelques échoppes a été érigé derrière une colline de la vallée : oignons, pastas, pain, biscuits et bière! Région de Kunene, République de Namibie.

Au terme de cette chevauchée sur les double trace de 4×4 parmi les aires de conservation Doro !nawas et Uibasen Twyfelfontein via les attractions de Doros Crater, Burnt Mountain et Organ Pipes, de pierriers en trappes de sable, nous aboutissons dans la vallée de Twyfelfontein, d’abord sur la D3254 puis la D3214. C’est l’anniversaire de naissance de Janick et nous soulignons l’événement en prenant part au buffet du midi du très luxueux Twyfelfontein Country Lodge—étonnamment érigé sur un site cérémoniel bien gravé des anciens San!—, …prétexte parfait pour un traitement, de toute façon, bien mérité!

Sitôt après avoir fait le plein dans les échoppes du village des Damaras de Twyfelfontein, nous franchissons la rivière éphémère Aba-Huab pour rejoindre la piste D2612 jusqu’au Desert Elephant Tours and Campsite où nous avons une réservation pour camper et…explorer en 4×4 les vallées des rivières asséchées Aba-Huab et Huab en quête des fameux éléphants du désert! Dans une étroite vallée bien touffue adjacente au confluent entre les deux rivières, nous avons repéré et épié une famille de 5 adultes et leur bébé puis, au retour, un mâle solitaire. Quels moments et expérience inoubliables!

Matriarche et son éléphanteau du désert coulent des jours paisibles durant cette saison exceptionnellement faste. Leur survie dans cette rude contrée représentant déjà un miracle, le futur de ces pachydermes, qui ont élu les vallées de ces rivières asséchées et plateaux arides qui les contiennent comme domicile, repose plus que jamais dans leur capacité à s’adapter à des conditions de moins en moins prévisibles. Afin de minimiser les risques de conflits avec les villageois des environs, une initiative communautaire de conservation œuvre avec un certain sentiment d’urgence à la création de réserves d’eau tant pour les humains que les éléphants du désert… Région de Kunene, République de Namibie.

Le modèle d’affaires damara de ces comptoirs de vente et quémandage libre-service atteint un sommet avec la monétisation de leur prise en photo! Région de Kunene, République de Namibie.

Un trio enjoué aux rennes d’un 3 ânes-vapeur sur la C39 en route vers Khorixas, notre destination et prochaine oasis. Région de Kunene, République de Namibie.

"En fin", des nomades! (Windhoek, Namibie - KM 33 085)
Un désert botanique! (Swakopmund, Namibie - 31 950 KM)

3 Commentaires

  1. Toujours le même étonnement à vous lire!
    Je me demande il y a déja combien de temps que l’on s’est rencontré à San Cristobal???
    Il y aura toujours une place pour vous chez moi, soit ici en Allemagne ou dans ma maison de campagne en Touraine!!!

  2. Magnifique !
    Merci de nous faire partager votre voyage. Je viens de passer deux heures à me régaler de vos images et textes.
    Prenez soin de vous et continuez de nous régaler

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